M. le Député Jean-Jacques DESCAMPS

Me voilà revenu de trois bonnes semaines de vacances. Au risque de surprendre certains, j'étais fatigué de travailler! Il était temps de me reposer en août! Un mot de réponse à ceux qui m'ont écrit sur ce blog pendant ce silence de ma part. A ceux qui m'ont interpellé sur ma position négative sur le mariage des homosexuels et l'adoption par des couples homos, je réponds d'abord que pour moi, le simple bon sens implique que, sexuellement ou dans tous les autres domaines de l'activité humaine, un homme et une femme soient fondamentalement différents. Même si, à l'inverse du passé, hommes et femmes peuvent espérer maintenant l'égalité des chances dans toutes ces activités, les comportements des femmes et des hommes seront toujours différents. Une femme politique ne raisonnera pas complètement comme un homme politique, ni un gendarme comme une gendarme, par exemple. C'est cette différence qui fait l'équilibre de la nature humaine et de notre civilisation. Et l'acte sexuel, qui est d'abord procréateur, a une valeur bien plus naturelle quand il est pratiqué entre un homme et une femme. Banaliser, sinon encourager l'homosexualité, que comme libéral je ne réprouve évidemment pas s'il s'agit d'une décision individuelle(chacun a le droit de faire ce qu'il veut tant que cela n'entache pas la liberté des autres), serait une erreur fondamentale pour l'avenir des générations futures. A partir de ces réflexions qui mériteraient d'être développées, je répond enfin sur le mariage. La famille, recomposée ou non, c'est pour moi la cohabitation d'un homme, d'une femme et d'enfants, qui reflètent une micro population à l'image de la démographie française. C'est une cellule de base de cette population équilibrée, conforme à ce que la nature humaine a créé. La non discrimination des sexes pour créer une famille aboutirait à une véritable cacophonie intellectuelle et morale de la société. Il n'y a donc aucune raison de modifier la notion de mariage républicain telle qu'est inscrite dans le code civil que je lis dans ma mairie aux futurs mariés et qui parle de ce fondation équilibrée de la famille, pour l'adapter à des couples homosexuels fondant une famille non équilibrée dès l'origine et obligée d'utiliser des artifices pour procréer! Je n'ai d'ailleurs, en son temps, pas approuvé l'idée du Pacs que certains trouvent être la bonne solution pour protéger les intérêts d'homosexuels vivant en couple en cas de décès ou autres accidents de la vie. Peut-être faut-il, pour des raisons sociales, l'accepter. Mais cela ne correspond pas à la notion qui m'est chère d'une vraie reconnaissance républicaine, morale, sociale, fiscale d'une famille qui se crée d'abord pour former un couple hétéro uni dont l'objectif est de faire (au pire d'élever seulement s'il y a stérilité biologique) des enfants qui feront de même plus tard et formeront la séquence des générations futures. Et s'il faut ce Pacs, acceptons le non comme le début d'une évolution inéluctable vers le mariage homo mais comme l'exception qui confirmera la règle de notre mariage républicain actuel, qui forme d'ailleurs pour moi l'occasion d'une complémentarité avec l'engagement du mariage religieux. Bien sûr on trouvera toujours des exemples de couples et de familles homos qui fonctionnent sereinement. Mais si toutes les barrières tombaient face à l'homosexualité, que deviendrait notre société? Et que seraient les repères moraux et sociaux d'une population de jeunes dont on aurait banalisé, par la loi, les rapports sexuels entre individus de tout sexe!

Quant à l'adoption, je suis bien placé pour savoir que c'est déjà très difficile d'élever des enfants non biologiques dans une famille de parents hétérosexuels, pour ne pas y ajouter les effets pervers d'un manque d'équilibre sexuel au niveau des parents. Il est de bons sens dans les familles de penser que le rôle du père est très complémentaire de celui de la mère! Voilà quelques réflexions apportées au débat sur ce sujet Mais si sur ce thème je suis en accord avec Philippe de Villiers, ce n'est pas pour autant que je le vois Président! Bien au contraire, ce serait un danger public! Car, l'ayant connu à ses débuts au parti Républicain, je suis déçu de son évolution populiste et sans nuances sur des sujets aussi graves que la mondialisation , l'Europe et l'immigration. Décidément le populisme est à la mode, car Ségolène Royale n'y va pas non plus avec le dos de la cuiller à gauche. Elle passe la main dans le dos de toutes les composantes de la Gauche, en faisant plaisir à chacune, et sans que cela représente une politique cohérente. Un seul exemple, elle propose de revaloriser la valeur travail, et dans le même discours approuve le projet socialiste qui préconise le retour aux 35 heures. Et elle propose d'accueillir et de régulariser tous les étrangers en situation irrégulière sans pouvoir leur promettre le moindre emploi! nous aurons l'occasion d'en reparler. La France semble pourtant se passionner pour elle. Mais attention! Nous fêtons ces jours-ci le 62 ème anniversaire de la libération en 1944. Au début 44, la France plébiscitait Pétain. A la fin c'était De gaulle! Six mois avant mai 81, Giscard était largement donné gagnant. C'est Mitterand qui a gagné! Notre pays se laisse souvent entraîner par l'air du temps. Et donne le sentiment de préférer souvent le "people" à la réflexion de fond. jusqu'au moment ou elle se rend compte que le moment est important et qu'il faut faire des choix réfléchis. Attendons donc la campagne électorale, et les débats de fond qui, j'espère, la nourriront pendant ces six prochains mois, pour commencer à y voir clair!

Bonne rentrée à toutes et à tous et bons débats.

Texte publié avec l'aimable autorisation de l'auteur.